Veillées Au café de ma mère chaque année tous ensemble on fêtait la Noël la porte était grande ouverte la table dressée on y déposait en partage les victuailles apportées Les étrangers les sans famille les vieux célibataires les paumés tous étaient là rassemblés Une à une les huîtres rendaient l'âme on goûtait les terrines de campagne la saucisse et le jambon de l'année partaient trop vite en fumée Le bois de mon père nous réchauffait la fonte du poêle rougissait on parlait de tout et de rien les uns jouaient aux dames les autres fumaient des gitanes un petit air d'harmonica Doux Jésus qu'est-ce qu'on était bien ! © D.Lintz